Jonathan Pitroipa (Burkina Faso) : sa réussite, son enfance et la Kada School

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Pitroipa

Jonathan Pitroipa a eu la chance de recevoir un entraînement et une éducation structurés à l'académie Planète Champion située à Ouagadougou avant que celle-ci ne ferme ses portes. Dans la troisième partie de notre interview, l'ailier du Burkina Faso et de Rennes nous parle du temps qu'il a passé dans cette académie et sur la raison pour laquelle lui et l'un de ses amis décidèrent de créer une nouvelle académie de football, la Kada School, pour la remplacer.

Serait-il juste d'affirmer que l'académie Planète Champion de Ouagadougou vous a enseigné la base de votre métier et vous a également permis d'atteindre les rangs du football professionnel ?

L'entraînement que j'ai reçu à l'académie Planète Champion est la clé de ma réussite. J'y fus très bien entraîné. Je pouvais tout autant y travailler mon football qu'y étudier. Il était possible d'en apprendre beaucoup sur le football là-bas, et je crois qu'il est très important d'apprendre les bases à un jeune âge. J'ai eu la chance de recevoir cet entraînement chez moi, donc lorsque je suis arrivé en Europe, j'ai été en mesure de m'adapter. Arriver dans un nouveau pays comporte son lot de difficultés. Vous êtes jeune et seul, mais le temps que j'ai passé à l'académie m'a permis d'être plus fort mentalement. Au début, ma vie en Allemagne ne fut pas facile, mais avec l'aide de mon ami Wilfried Sanou (qui avait rejoint le SC Freiburg avant Pitroipa, après Planète Champion), je fus en mesure de m'y installer et d'y être heureux.

J’imagine que vous avez très bons souvenirs du temps que vous avez passé à l'académie Planète Champion. Quel impact la fermeture de l'académie a-t-elle eu sur vous ?

J'en fus grandement attristé. Je croyais fermement que l'académie était vitale pour le football au Burkina Faso et qu'elle jouait un rôle important dans le développement de ce sport dans notre pays. Lorsque j'ai appris qu'elle fermait ses portes, j'en fus très attristé, mais j'étais avec Wilfried Sanou et le coach du SC Freiburg ce jour-là. Ce dernier connaissait l'académie Planète Champion et nous encouragea à créer une institution qui pourrait la remplacer afin que les enfants du Burkina Faso puissent continuer de bénéficier de l'école et profiter du même entraînement que le nôtre. Nous avons donc essayé de remettre l'académie sur pied et, grâce à l'aide de nos parents, nous sommes parvenus à ouvrir la Kada School. Elle est ouverte depuis maintenant trois ans et tout va bien. Nous avons eu six ou sept étudiants sélectionnés par le Burkina Faso pour la CAN Junior, puis pour la Coupe du monde jeunesse. Bref, l'école joue un rôle très important. Nous déployons tous les efforts nécessaires afin d'assurer la survie à long terme de l'école puisque les jeunes du Burkina Faso ont besoin de centres de formation comme le nôtre et de telles institutions sont vitales afin de les aider à évoluer.

L'un des diplômés de la Kada School, Abdoul Aziz Traore, a récemment signé un contrat en France avec Valenciennes. Vous devez en être très fier.

Deux de nos diplômés ont déjà signé des contrats avec des clubs professionnels. Coulibaly porte les couleurs de l'Anderlecht et Kabore vient tout juste de signer un contrat avec Valenciennes. Cela est très important pour nous et nous procure aussi une grande satisfaction. Lorsque nous voyons certains de nos joueurs réussir de la sorte, cela nous donne davantage de détermination pour aller de l'avant. C'est la raison pour laquelle nous faisons tous ce qui est possible afin de les aider à réaliser leurs rêves tout comme nous avons réalisé les nôtres.

Vos parents s'occupent de l'école au jour le jour. Avez-vous souvent l'occasion de vous rendre sur les lieux et de discuter avec les jeunes ?

Chaque fois que retourne au Burkina Faso en vacances ou avec l'équipe nationale pour un match, je vais leur rendre visite pendant mon temps libre. Nous avons créé l'école, mais nous avons la chance que mon père et le père de Wilfried s'occupent des activités du centre au jour le jour. Ils nous tiennent au courant pendant que nous nous concentrons sur nos carrières et nous nous assurons de rendre visite à l'école pendant les vacances chaque fois que nous le pouvons. Nous prenons le temps de discuter avec les enfants afin de les aider à croire en eux et afin qu'ils travaillent encore plus fort à réaliser leur rêve.

Vous avez visiblement gardé contact avec vos racines. Pouvez-vous nous parler un peu de votre enfance et du lieu où vous avez grandi ?

J'ai grandi dans un quartier de Ouagadougou. J'ai commencé à jouer avec des amis dans mon quartier et j'ai ensuite joué pour l'équipe de mon école. J'ai ensuite rejoint un club local pour lequel j'ai joué pendant deux ou trois ans avant d'être sélectionné par l'académie Planète Champion. Je n'avais aucun espoir d'être sélectionné puisqu'environ 3000 autres garçons provenant des quatre coins du Burkina Faso participèrent à la période d'essai. Initialement, 100 joueurs devaient être sélectionnés, mais nous n'étions plus que 10 ou 15 joueurs lors de la sélection finale. Ce fut très difficile. Mais j'ai décidé de tenter ma chance et maintenant je remercie le ciel d'y être allé. J'ai réussi la période d'essai et j'ai pris la position de centre. C'est là que j'ai reçu la formation qui m'a permis d'atteindre l'Europe.

La ligue à domicile n'est pas très forte au Burkina Faso. Croyez-vous qu'il est nécessaire pour une personne souhaitant avoir une carrière européenne de fréquenter l'académie ?

Les standards de notre ligue sont plutôt faibles. Il y a peu de sponsors, donc peu d'argent. Les salaires sont bas et les clubs ne sont pas en mesure de développer leurs structures. Il est impératif qu'un jeune joueur suive un entraînement approprié. Je crois qu'il est encore possible de jouer en Europe après avoir fait ses débuts dans une ligue à domicile au Burkina Faso, mais ce n'est pas chose facile considérant la différence entre les standards de celle-ci et les standards européens.

Lorsque vous êtes en France, qu'est-ce qui vous manque le plus du Burkina Faso ?

Ma famille et mes amis. J'y suis habitué maintenant, puisque je suis en Europe depuis longtemps, mais je suis toujours très heureux d'avoir la chance de retourner chez moi pour rejoindre ma famille et mes amis.

La gastronomie française est délicieuse, mais y a-t-il un plat typiquement africain qui vous manque lorsque vous êtes France ?

De nos jours, je peux trouver en Europe pratiquement tout ce que je mangeais en Afrique puisqu'il y a en France des boutiques spécialisées en gastronomie africaine. C'était plus difficile en Allemagne, mais je peux effectivement trouver presque tout ce que j'aime en France.

Lorsque vous êtes de retour chez vous, quel est votre plat favori ?

J'apprécie particulièrement le riz soumbala [il s'agit d'un plat du Burkina traditionnel : riz, poisson fumé, huile, oignon, chili et soumbala - un condiment préparé sur plusieurs jours à base de graines de néré noires].

Comment sont les Burkinabés ? Comment nous les décrieriez-vous ?

Ils sont très accueillants. Ils sont aussi très gentils. Lorsque vous arrivez au Burkina Faso, on se fait un devoir de vous faire sentir chez vous. Les gens sont très joviaux. Nous nous assurons de mettre tout le monde à l'aise. Les gens sont chaleureux.
 

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Commentaires

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lesky koffy

De abidjan
slt je suis un ivoirien et je joue dans un centre de formation de football appeler moreal inter suis droitier je joue l aillier gauche enfin je joue des deux pieds et des deux coter. j ai entendu parler de planete champion et de kada school ou evolu pitroipa et w. sanou et je me sens concerner mais j ai pas les moyens d en parveni a mes besoins svp laisser moi un message dans ma boite facebook. mon est leskysouljaboy2011@live.fr je vous remercie
2 nov. 2012