Le froid est bien là, maintenant

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Blog d'Amory : étape 5, jour 9

POSITION : au milieu de nulle part, dans le sud, jour 5
VITESSE DU BATEAU : 17 nœuds
VITESSE DU VENT : 33 nœuds
CAP: 119
DISTANCE À PARCOURIR JUSQU'AU CAP HORN : 1 300 milles

C'est officiel, il fait vraiment froid maintenant. Et se plaindre d'un froid pareil ne fait pas de nous des faibles.

Vous vous souvenez quand, au cours de l'étape précédente, je prenais dans mes bras les réservoirs de propane afin de survivre à l'enfer équatorial ? Qu'après avoir fait bouillir de l'eau, ils refroidissaient et produisaient de la condensation ? Maintenant, ils gèlent. Après avoir fait bouillir de l'eau (ce qui prend deux fois plus de temps), ils sont recouverts d'une épaisse couche de givre, et je n'ai nulle envie de les prendre dans mes bras.

Les rayons du soleil sur le pont de couleur noire rendent les choses plus supportables pendant la journée mais, sous le pont, rien ne peut faire monter la température - en particulier la nuit. De petites stalactites se forment dans la cabine et travailler sous le pont est comme installer votre bureau sous le porche, en plein hiver. Mes mains gelées sont trop rigides pour pouvoir taper sur le clavier, et le pavé tactile de mon ordinateur portable a du mal à distinguer le bout de mes doigts frigorifiés de l'air glacial.

Il ne fait peut-être pas si froid que ça (notre baromètre chocolat n'est pas exact), mais l'humidité est telle que la sensation de froid en est accrue. La condensation se forme sur les plafonds, les murs et les couchettes, et l'air humide pénètre jusqu'aux os, quel que soit le nombre de couches de vêtements que l'on porte. Heureusement, nos sacs de couchage triple épaisseur nous permettent de rester au chaud quand il est l'heure de dormir.

Tout cela, c'est sans compter la mer qui est toujours balayée par des vents de 30-35 nœuds ; même si s'agiter au soleil sur le pont pendant quelques heures permet de faire monter la température corporelle, la fatigue causée par les éléments de l'océan austral se fait sentir. Entre l'eau froide - autour de 5 degrés Celsius (40 degrés Fahrenheit) - l'air vif, et un bateau balloté par une houle mettant au défi notre sens de l'équilibre, le simple fait de vivre nécessite une quantité d'énergie considérable, une énergie qu'il n'est pas facile de renouveler. Nous sommes toujours fatigués mais, à ce stade, nous approchons de l'épuisement.

Pourtant, nous continuons d'avancer, le Cap Horn fermement ancré dans notre ligne de mire, à près de trois jours d'ici. Groupama est 30 milles devant nous, certainement en train de « vivre » la même chose que nous. À ce stade, nous avons plutôt l'impression de faire la course contre nous-mêmes - à destination du Cap Horn - et pas vraiment contre les Français. Il ne reste plus que trois jours avant de faire cap au nord vers des températures plus élevées, avant de laisser derrière nous cet endroit froid et splendide et partir pour le Brésil. Le Cap Horn... Je pense que c'est là que notre voyage prendra fin et que la course démarrera vraiment. Plus que 1300 milles à parcourir.

- Amory

Amory Ross

Membre de l'équipe médias

PUMA Ocean Racing soutenu par BERG

« Pourquoi choisissons-nous de subir tout cela ? J'aimerais qu'on arrête de me demander d'y participer. » - Brad Jackson (appréciant clairement son sixième tour du monde)
 

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Commentaires

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Bobbie Bode

De Cincinnati, OH
One leg the gummies turn to liquid and this leg the chocolate bars freeze!!! Hang in there, guys! Please be safe! So Brad, are you doing to do it again in 2014 / 2015? :)
27 mars 2012